10.12.2007

Flashback #2 : travaux à prevoir

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Avec Denis, nous avons rendez-vous dans un café de Saint Germain à 19h30. Je me hâte donc de sortir du boulot et de sauter dans le premier RER venu. J'arrive en retard d'une dizaine de minutes et émerge enfin de la bouche de métro de la station Rennes pour sentir un froid sec me piquer les joues. J'allonge le pas en remontant la rue de Rennes. En passant, j'ai le temps d'apprécier ce quartier émaillé de boutiques en tout genre qui fut celui de mes années lycée. Mon portable vibre au fond de la poche poitrine de mon costume rayé.

- Laurent?
- Ouais.
- Tu es où?
- Je suis à deux minutes. J'arrive.
- Ok je t'attends.

J'ai menti, je suis a 10 minutes du lieu de rendez-vous. Finalement, j'arrive un peu essoufflé au pied du bâtiment de Plon et retrouve Denis.

Nous marchons quelques dizaines de pas puis nous installons près de la vitrine d’un bistro parisien. Nous commandons 2 verres de vin - quel cliché d’ailleurs, commander deux verres de vin dans un café de Saint-Germain-des-Prés pour discuter littérature, j’adore. Denis sort un gros paquet de feuilles retenues par un élastique : mon manuscrit. C'est la première fois que je vais recueillir de visu un avis professionnel sur mon roman. J'avale avec difficultés ma gorgée de Chablis.

– Bon j'ai relu ton roman, commence-t-il. Je l'avais lu en juin dernier et ne me souvenais pas de tout.

Ok, vas-y, dis moi ce que tu en penses.

– Il est publiable en l'état, pas de souci. Le style est fluide et correspond bien au genre du livre de ce côté donc, aucun problème. Par contre, si tu me permets, je trouve que tu pourrais encore améliorer l'intrigue en y ajoutant quelques rebondissements. Je crois que tu as un vrai talent de construction d’intrigue complexe mais qui reste très cohérente du début à la fin - ce qui est rare, tu peux me croire -, pourtant, je suis sûr que tu peux aller plus loin.

Ouf, c’est tout ce qui me vient à l’esprit à ce moment. En fait, je m'attendais à une réaction diamétralement opposée. J'avais vraiment les foies de m’entendre dire qu'il fallait revoir le style en profondeur. Rien de tout cela. Denis me cite alors quelques passages où il trouve que les choses arrivent trop facilement, où il faudrait certainement ajouter quelques méandres pour perdre un peu le lecteur.

Fouiller l’intrigue ? Ajouter un ou deux rebondissements bien sentis ? Pas de problème, c’est dans mes cordes. C’est d’ailleurs là où je me sens le plus à l’aise.

Je lui promets donc de remettre tout cela sur le métier et le quitte gonfler à bloc. Comme on dit, « yaplusqu’à ».