07.01.2008

L'avis de Denis (Plon) : pourquoi j’ai proposé à Laurent de changer de nom ?

[Petite entrée en matières : voici une note d'un nouveau genre. Denis, mon éditeur, me propose de contribuer à ce blog afin de vous donner, en plus du point de vue de l'auteur, celui de son éditeur sur le processus de publication.]

C’est toujours un peu violent de suggérer à un auteur de changer de nom, mais croyez-moi, dans l’édition, l’éditeur essaie au maximum de faire les choses pour le bien de tous : l’auteur et la maison pour laquelle il travaille. Pour moi, Le Toriellec faisait trop français, trop breton. Et il me semblait difficile de proposer un thriller américain de A à Z sans que le nom d’auteur soit conforme au contenu. Loin de moi l’envie de faire passer Laurent pour un auteur venu d’outre-Atlantique, mais je crois que de façon très subtile, très indicielle, un livre constitue un tout et qu’il ne faut rien négliger dans la communication qu’on pourra faire autour de lui. Terry le nom de plume qu’il s’est choisi, m’a tout de suite emballé : c’est bref, ça ne surjoue pas le côté américain et ça rappelle son nom de famille. Et puis Laurent a sauvé l’essentiel : son prénom. Une chance qu’il ne se soit pas appelé Jean-René...
Un instant, j’ai aussi eu une hésitation sur le titre de son roman : Manipulé n’est-il pas trop bref ? Est-il assez évocateur ? Incitera-t-il vraiment le lecteur à rentrer dans l’histoire ? Et puis, je me suis dit que je n’avais rien de mieux à proposer : ras-le-bol des titres vus et revus comme A la poursuite de son passé, Dans les griffes du FBI. Enfin, la mode est aux titres courts (cf. Innocent d’Harlan Coben, L’accusé de John Grisham, etc. Alors…

16.12.2007

Flashback #3 : rebranding

Oui, vous savez, le rebranding… Un concept marketing à la mode qui consiste simplement à changer de nom de marque. Vous vous souvenez sûrement : Raider devient TWIX ou plus récemment, Arthur Martin préfère qu’on l’appelle Electrolux et bien, il m’est arrivé la même chose.

Dès nos premiers rendez-vous, j’avais d’emblée abordé le sujet avec mon éditeur. « Le Toriellec », est-ce un nom adéquat ? Vais-je devoir en changer, prendre un nom de plume ?

Denis a pris le temps de la réflexion et a rebouclé avec plusieurs personnes en interne chez Plon puis au détour d’une conversation téléphonique, il m’a livré son opinion :

– En fait, je crois que Le Toriellec, c’est un peu trop connoté régionalement, surtout pour un auteur de thrillers. Tu fais comme tu le sens bien-sûr, mais je crois qu’il serait pas mal de trouver quelque chose.

Arghhh! Ma réaction première est que j’aime beaucoup mon nom et puis c’est quand même de mon identité dont nous sommes en train de parler, je ne me sens pas trop d’en changer.

Pourtant, passée cette réaction épidermique, et au-delà du caractère géographique que j’assume pleinement, il faut quand même avouer que depuis la maternelle, je suis obligé de répéter mon nom plusieurs fois avant que les gens le retiennent. Par ailleurs, les fois où je le vois écrit correctement par d'autres que mes proches sont aussi rares que les cheveux sur la tête de Barthez.

Après cette première hésitation, c’est donc entendu, il faut trouver quelque chose. Mais comment choisir un nom ? J’ai déjà eu l’occasion de choisir des prénoms (pour mes deux filles) mais des noms ? Il y a une méthode, des exemples?

De longues heures durant, je me suis creusé la tête à la tractopelle pour trouver un patronyme qui me plaise et que je sois prêt à assumer sur le long terme. ROULEMENT DE TAMBOUR, ce sera, LAURENT TERRY.

Pourquoi Terry ?

Rien de vraiment rationnel derrière ce choix. Un nom court dont les sonorités sont proches de mon vrai nom, une consonnance anglo-saxonne (j’écris des thrillers situés outre Atlantique et mon imaginaire est portée vers ce pays) mais une origine bien française (Terry est un nom français issue de l’Isère), voilà ce qui a déterminé ce choix.

[The End] ou la fin de l’histoire d’un rebranding réussi (ou qui me plaît du moins !).