25.02.2008

L'avis de Denis (Plon) : Manipulé, Version 3

Je reprends la plume pour vous donner mes impressions sur Manipulé-version 2 et vous parler du travail que j'ai encore demandé à Laurent de fournir pour arriver à la version que vous aurez le plaisir de découvrir.

J'étais forcément ravi de retrouver l'univers de Laurent qui, encore une foi, m'a bluffé par sa grande maîtrise des codes du thriller. Je pense qu'il peut prétendre devenir un jour un auteur reconnu dans le domaine. Tout y est : la construction en page turner, les nombreux rebondissements, le talent à évoquer des ambiances saisissantes, l'économie de moyens pour camper les personnages… En un mot, l'efficacité.

Pourtant, à cette deuxième lecture, j'ai noté deux choses : plusieurs scènes apparaissaient encore de façon trop brutale, sans que rien ne les laisse prévoir. Je pense à la vision intuitive qu'a le héros d'une scène capitale pour l'intrigue (un peu à la Dale Cooper de Twin Peaks). J'ai dit à Laurent que ça manquait de crédibilité pour ce type de roman, au caractère très réaliste. Il a courageusement repris sa plume pour retravailler le début de son texte, de façon à annoncer cette scène qui, aujourd'hui s'intègre naturellement au récit. Ensuite, j'ai conseillé à Laurent de retoucher son style, par endroit : que ses personnages puissent jurer comme des charretiers, pas de problème. Mais je trouvais dommageable que le narrateur omniscient se permette parfois d'employer un langage relâché ou familier. Pour moi, cela nuisait à la crédibilité de Manipulé. Là encore, Laurent m'a suivi et je pense qu'il a bien fait.

Bref, Manipulé-version 3 est un livre très travaillé et abouti. Vous pourrez d'ailleurs bientôt juger par vous-mêmes. Il sera disponible en librairie dès le 20 mars.

10.01.2008

L'avis de Denis (Plon) : Manipulé, Version 2

Voici le moment que je préfère ! Celui où l’auteur vous remet une copie qu’il juge définitive, celle où, à la suite de notre premier entretien, quand j’avais demandé à Laurent de corser son histoire, je vais enfin découvrir ses remaniements, ses retouches, ses inventions…
Laurent vient de me remettre la deuxième version de son texte. Nous nous étions vus fin octobre. Si je trouvais que Laurent menait son histoire de main de maître, l’ensemble manquait, selon moi, d’inattendu : tout roulait trop bien pour son héros qui avait trop facilement les réponses à ses interrogations, qui trouvait trop simplement les clefs des énigmes de sa vie, etc. J’avais donc demandé (ou plutôt suggéré) à Laurent de reprendre son texte et d’y introduire plus de surprises.
C’est à la fois un moment excitant et où je suis anxieux : lorsqu’on aime un texte et que l’auteur l’a retravaillé, on rêve de le voir prendre tel ou tel chemin, on le fait un peu sien. Je crois que plus on réagit sur un texte, même si c’est pour le critiquer, plus on l’aime au fond : il nous inspire, nous anime, au point de nous rendre parfois un peu jaloux ; on se dit qu’on aurait aimé avoir les mêmes idées, le même talent que son auteur… Car du talent, Laurent en a : j’ai parcouru les premières pages de son texte et j’avoue avoir été encore une fois bluffé par son sens de la narration. Laurent maîtrise les ressorts narratifs, les codes d’écriture de façon remarquable pour un jeune romancier. Ah-là-là vivement que je me plonge dans Manipulé revu et corrigé ! Je vous ferai part de mes impressions après cette deuxième lecture.

07.01.2008

L'avis de Denis (Plon) : pourquoi j’ai proposé à Laurent de changer de nom ?

[Petite entrée en matières : voici une note d'un nouveau genre. Denis, mon éditeur, me propose de contribuer à ce blog afin de vous donner, en plus du point de vue de l'auteur, celui de son éditeur sur le processus de publication.]

C’est toujours un peu violent de suggérer à un auteur de changer de nom, mais croyez-moi, dans l’édition, l’éditeur essaie au maximum de faire les choses pour le bien de tous : l’auteur et la maison pour laquelle il travaille. Pour moi, Le Toriellec faisait trop français, trop breton. Et il me semblait difficile de proposer un thriller américain de A à Z sans que le nom d’auteur soit conforme au contenu. Loin de moi l’envie de faire passer Laurent pour un auteur venu d’outre-Atlantique, mais je crois que de façon très subtile, très indicielle, un livre constitue un tout et qu’il ne faut rien négliger dans la communication qu’on pourra faire autour de lui. Terry le nom de plume qu’il s’est choisi, m’a tout de suite emballé : c’est bref, ça ne surjoue pas le côté américain et ça rappelle son nom de famille. Et puis Laurent a sauvé l’essentiel : son prénom. Une chance qu’il ne se soit pas appelé Jean-René...
Un instant, j’ai aussi eu une hésitation sur le titre de son roman : Manipulé n’est-il pas trop bref ? Est-il assez évocateur ? Incitera-t-il vraiment le lecteur à rentrer dans l’histoire ? Et puis, je me suis dit que je n’avais rien de mieux à proposer : ras-le-bol des titres vus et revus comme A la poursuite de son passé, Dans les griffes du FBI. Enfin, la mode est aux titres courts (cf. Innocent d’Harlan Coben, L’accusé de John Grisham, etc. Alors…