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06.12.2007

Shooting

9e6c359bdebf60cb269babbeaa7f64b2.jpgJ'ai vécu hier une nouvelle expérience, celle de servir de modèle à un photographe (dont c'est le métier, s'entend!).

Et oui, ne soyez pas étonnés, je vous vois déjà froncer les sourcils devant votre laptop - d'ailleurs, faites gaffe je vois aussi un collègue en train de vous espionner pendant que vous surfer impunément sur ce blog au lieu d'être afférés aux tâches pour lesquelles on vous paie. Bref.

Plon m'avait prévenu qu'une agence de presse allait me contacter pour faire les clichés de la quatrième de couverture de mon livre et ceux qui seraient envoyés à la presse au moment de sa sortie.

Avec Denis, le photographe (décidément, tout le monde a tendance à s'appeler Denis en ce moment), nous étions donc convenus de nous retrouver rue François 1er, juste devant Europe 1 à 11h tapantes.

J'avais de mon côté pris soin de poser ma matinée pour pouvoir dormir un peu et ainsi arriver frais, dispo et vêtu de ma tenue la plus 'écrivain' possible pour ce rendez-vous à haut risque.

En effet, allais-je pouvoir me départir du sourire un peu crispé qui agrémente d'ordinaire mes photos de famille pour donner une image crédible à intégrer à la quatrième de couv de Manipulé?

Après une présentation rapide au milieu de la rue, nous nous posons dans le café qui jouxte la troisième radio de France. Nous en commandons un (de café) et à peine ai-je posé mon manteau que le flash crépite.

- Je fais juste les réglages, m'explique Denis, tout en trifouillant un Nikon noir surdimensionné (en tout cas comparé à mon pauvre APN).

Je lève un regard vers le patron du bar pour voir s'il ne courre pas vers nous pour nous ordonner de cesser de photographier son bistro mais non, s'apercevant de notre manège, il nous sourit gentiment, et nous laisse faire sans nous importuner.

Au bout de quelques instants, c'est parti. Shoot, Shoot, Shoot. J'en vois de toutes les couleurs. Denis dirige gentiment les opérations.

- Vous pouvez mettre la main sous le menton? Très bien, posez les deux mains jointes devant vous, etc. etc.

J'exécute du mieux que je peux chaque figure imposée tentant de prendre un air mystérieux (j'ai écrit un thriller hein, il vaudrait mieux que le rendu soit plus proche d'Al Pacino que de Oui-Oui au pays des jouets, non?).

Nous tapons la discut' autour de nos expressos. Denis me raconte ses expériences de photographe. Il m'explique qu'il 'fait' essentiellement dans l'acteur de cinéma mais qu'il photographie aussi des écrivains qui, me confie-t-il, sont souvent très sympas (un brin moins people peut-être?).

Après quelques clichés supplémentaires, nous réglons nos consommations et Denis me propose d'aller compléter la séance en faisant des prises dans la rue, au pied d'un trompe-l’œil plutôt réussi qu'il a repéré en contrebas.

Alors qu'au début, je sentais une tension dans les épaules qui devait contribuer à me donner un air de CRS qui aurait bouffer un cintre, je suis à présent en confiance et commence même à trouver ça plutôt marrant. J'accepte de bonne grâce.

Nous faisons quelques dizaines de mètres et nous arrêtons, au beau milieu du terre-plein central d'un petit croisement. En comparaison de l'ambiance feutrée du café, je me sens là, un peu à découvert. En veste légère, je prends pourtant mon air le plus inspiré, tentant de masquer que je suis tout simplement en train de me les geler. Les passants me regardent d'un air étonné et c'est reparti. Shoot, Shoot, Shoot.

Nous nous quittons quelques instants plus tard et je chope le RER pour rejoindre mon bureau, il est tant à présent d'enfiler à nouveau les fringues du cadre sérieux que je suis la plupart du temps.

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